INTROSPECT°

Est il possible de s'entendre avec tout le monde?

Spoiler : oui… mais non. Enfin, ça dépend.

C’est une question qu’on me pose souvent :
« Est-ce que c’est possible de s’entendre avec tout le monde ? »

Alors mon premier réflexe, c’est de répondre : oui… et non.

Oui, si tu fais toujours tout pour être aimé·e de tous, en oubliant complètement qui tu es, tes limites et tes besoins.

Oui, parce qu’en théorie, si tout le monde faisait un peu de développement personnel, d’introspection et de câlins à son enfant intérieur, on pourrait peut-être se regarder dans les yeux, en paix, autour d’un thé matcha.

Mais non, parce qu’en vrai… on reste des humains.
Avec nos limites, nos déclencheurs, nos baffes émotionnelles du quotidien.

Ce n’est pas parce qu’on fait du développement personnel qu’on devient Gandhi.

C’est même un piège assez courant dans le milieu :

« Puisque je travaille sur moi, je devrais pouvoir m’entendre avec tout le monde. »

Non. Tu n’as pas à tolérer l’intolérable sous prétexte que tu « fais des miroirs » ou que tu sais que « tout parle de toi ».

Oui, certaines personnes vont venir chatouiller en toi des trucs que tu n’aimes pas voir (ta colère, tes blessures, ta peur d’être rejeté·e…), et c’est précieux pour ta propre évolution, vers l’acceptation de toi-même.

Mais ça ne veut pas dire que tu dois déjeuner tous les dimanches avec ton bourreau émotionnel.

Les exemples de la semaine :

Je reçois en consultation une personne qui a du mal avec sa patronne.
Elle trouve sa boss égoïste, intéressée, complètement à côté de la plaque dans ses décisions.
Mais comme elle “fait du développement personnel”, elle culpabilise :

“Si je ne la supporte pas, c’est que j’ai un truc à travailler, non ?”

Oui… et non.
Elle fait son travail intérieur, elle reconnaît des choses d’elle dans sa patronne, mais ça ne comble plus ses besoins fondamentaux.
Ce qu’elle veut, elle, c’est un travail d’équipe pour se sentir joyeuse, des produits de qualité pour se sentir fière de ce qu’elle fait.
Et là, ben… c’est pas le cas.
Donc elle a le droit de dire STOP et de chercher un travail qui répond a son besoins d'être .

Une autre cliente a du mal avec sa mère.
Elles vivent ensemble, sa mère est intrusive, critique, parfois méprisante.
Et comme ma cliente connaît les blessures, elle se dit :

“Je dois me voir dans ses réactions, je dois faire le travail sur moi…”

Mais en attendant, elle est épuisée, en perte de confiance, et elle oublie ses besoins de respect, de clarté, de tranquillité.
Son boulot à elle ? Apprendre à poser des limites qui répondons à ses besoins.

Pas à “devenir une meilleure fille qui supporte tout”.

Le développement personnel, ce n’est pas une performance sociale où tu deviens aimable pour tout le monde.
C’est un chemin où tu apprends à t’aimer assez pour t’entourer des bonnes personnes.

Alors la vraie question, ce n’est pas “Est-ce que je m’entends avec tout le monde ?”
Mais plutôt :

“Est-ce que cette relation nourrit quelque chose de sain en moi en fonction de qui je suis ?”

Parfois, tu peux avoir appris ce que tu avais à apprendre…
Et c’est simplement le moment de partir.
Sans drame, sans reproche. Juste en te respectant.

On peut apprendre de nos relations, oui... prendre la responsabilité de ce qui nous dérange.
Mais on n’est pas censé tout supporter au nom de la croissance personnelle.

Et ça, c’est accepter d’être humain :
Avoir des limites, des peurs, des besoins différents des autres.

Donc tant que nous en voulons à l’autre, c’est que nous n’avons pas encore pris notre responsabilité…
Quand ce sera fait, nous n’en voudrons plus à l’autre, et nous ferons des actions vers nos véritables besoins.

Edith Noël

les désirs et les besoins dans un prochains article !

En ce moment

Edith Noël

Consultante et formatrice

INTROSPECT°

Edith Noël, Introspection SRL BE1024.361.768, Belgique.

Tel +32 495279418